IL ETAIT UNE FOIS



Il était une fois
J’étais enceinte. Un lac s’étendait devant moi et sur la rive, une barque sur le point de partir. Je décidai de monter. Après avoir traversé le lac, je fermai les yeux de douleurs. Je me réveillai, l’accouchement avait eu lieu. Se tenait devant moi un beau jeune homme avec un foulard noué autour du cou. Je ne m’en aperçus pas tout de suite mais je ne réussissais pas à voir ses yeux,  je ne m’en aperçus pas tout de suite mais une corne d’un métal précieux, sans doute de l’or, avait poussé au milieu de son front. Une corne belle et forte.
Je chutai au milieu des entrailles de la Mère.
La seule route était sinueuse, étroite, abrupte, il lui arrivait même de disparaitre pendant plusieurs jours et je devais attendre qu’un passage se libère. J’avançais péniblement et à chacun de mes pas la corne laissait une trace, j’étais parfois obligé de tirer avec tout mon corps sur mon front pour pouvoir progresser. Puis un jour la route se fit lumineuse et droite, et grâce à elle, je rayonnais d’une joie intense. Enfin j’avançais sans difficulté, ma corne ne me gênait plus, au contraire elle était devenue mon alliée.
Je me réveillai, cet homme c’était moi.

Once upon a time.
I was pregnant. A lake stretched in front of me and on the shore a boat about to leave. I decided to go aboard. After crossing the lake, I closed my eyes in pain. I woke up, the childbirth had happened. Standing before me was a handsome young man with a scarf wound around his neck. I did not notice immediately but I couldn't see his eyes; I did not notice it immediately, but a horn of a precious metal, no doubt gold, had grown in the middle of his forehead. A beautiful and strong horn.
I was falling deep in the entrails of the Mother.
The only way was tortuous, narrow, precipitous, sometimes it even disappeared for several days and I had to wait for a passageway to become free. I advanced laboriously and at each my steps left a trace, at times I had to pull on my forehead with my entire body so that I could go forward. But one day the road became bright and straight and thanks to it, I shined with an intense joy. At last, I progressed without difficulty, my horn didn't bother me anymore, on the contrary, it had become my ally.
I wake up, this man was me. 

Texte écrit dans le cadre de l'exposition  Vos Chefs-d'oeuvre dans l'espace Ma Galerie,
sous la direction de Samuel Le Paire.
Chaque auteur du catalogue était invité à porter un regard personnel et sensible sur une des 30 oeuvres présentées. Samuel Le Paire avait choisi pour moi l'oeuvre de Jan Fabre, Chapitre II (collections privées, 2010)